Peut-on diffuser des photos intimes de son amant par vengeance amoureuse ?

Certain(e)s y pensent. Et le font.

La publication en ligne ou la diffusion de photos ou de vidéos intimes d'un(e) ex-petit(e) ami(e) pour se venger d'une rupture amoureuse (revenge porn) est susceptible d'être condamnée pénalement au titre du harcèlement sexuel.
L'utilisation d'un service de communication au public en ligne ou par le biais d'un support numérique ou électronique est en effet désormais visé par la loi depuis 2018 (art. 222-33 du Code pénal).
Mais la solutio pénae n'est pas la seule. Sur le plan civil, le revenge porn peut également donner lieu à condamnation, notamment à des dommages et intérêts.
Tel est le cas jugé le 20 novembre dernier par le Tribunal de grande instance de Bobigny. En 2015, Monsieur Y. a entamé une relation extra- conjugale avec Madame X. Par la suite, cette relation a pris fin. Se plaignant d’appels et de messages téléphoniques malveillants adressés à son épouse, sa soeur et lui-même, ainsi que de la diffusion de photographies le dévoilant dans son intimité. M. Y a assigné Mme X. Il a obtenu sa condamnation à des dommages et intérêts. En l'occurence 800 euros, ce qui apparait faible mais s'explique par les circonstances de fait.
(TGI de Bobigny, ch.5/sec.3, 20 novembre 2018)